Nagano : Visite de Matsumoto et alentours

Pour mes premières vacances d’été en tant que salarié au Japon, je voulais aller visiter une préfecture où je n’avais jamais mis les pieds. En août, à l’occasion de « Obon » (お盆 – fête pour honorer les ancêtres), les employés ont généralement droit à des congés imposés pour se réunir en famille, ce qui donne lieu à un bordel semblable à la Golden Week début mai niveau transports et logements. Dans mon entreprise, c’est plutôt radin : Pour nos vacances d’été nous avons droit à (tenez vous bien) 2 jours de congés. Oui, 2 jours. On appelle ça des vacances d’été ici. Et encore je me plains pas trop, car je bosse actuellement sur un très gros projet pour la boîte, et ces 2 jours ont tout simplement failli être supprimés pour l’équipe.

Mais au Japon, il y a plus de jours fériés qu’en France. 5 pour être exact. Et ça tombe bien, en août il y a le jour de la montagne qui tombe le vendredi 11 août cette année. Je décide donc de poser mes 2 jours à ce moment là et de profiter de 5 jours « off ». Je voulais rester pas loin de Tokyo afin de pas trop dépenser en temps et argent en transport. Ma copine et moi n’étant jamais allés à Nagano, à 3h de bus, le choix était fait.

Matsumoto-shi (松本市)

Après environ 3 heures de bus depuis Tokyo, nous arrivons dans la ville de Matsumoto. Cette « petite » ville d’environ 250 000 habitants située au cœur des montagnes de  la préfecture de Nagano (région de Chubu) est surtout connue pour son château, considéré comme l’un des plus beaux du Japon.

Le château

Pour 610yen(environ 5 euros) nous partons à sa visite. Pour commencer, l’extérieur du château est vraiment photogénique, avec les douves qui l’entoure et les jardins. Avec sa toiture et ses murs noirs, on le surnomme le « château corbeau ».

 

 

L’intérieur est vraiment petit, et à vrai dire on n’a pas vraiment le choix du parcours de visite. En effet, vu le monde et la petite taille du château, le seul trajet possible est d’aller jusqu’au 6ème étage tout en haut du château, en empruntant des escaliers très raides et très étroits, à double sens qui plus est. Du coup je pense pas que la visite soit très adaptés pour les personnes âgées, je ne parle même pas des personnes en fauteuil roulant.

Tout au long du parcours guidé par des employés qui répètent sans arrêt de faire attention dans les escaliers, on a droit à des explications sur la construction du château datant de 1593 et sur des répliques d’armes de l’époque.

 

Vu sur la ville de Matsumoto depuis le 6ème étage du château

L’école de Kaichi – 旧開智学校

Non loin du château se trouve l’école de Kaichi, du moins celle de l’époque car elle a été déménagée ailleurs dans la ville en 1963. Construite au début de l’ère Meiji en 1873, elle a la particularité d’avoir été bâtie dans un style occidental (Giyô-fû) et d’être la première école primaire de ce style du Japon. Elle a été fondée dans le but de réformer le système éducatif au Japon et de pouvoir offrir à tous les enfants un accès à l’éducation, en calquant le système occidental. On peut y voir les salles de classe et des éléments du système éducatif de l’époque comme des livres, des tableaux, des règles de conduite au sein de l’école…

Vie nocturne, bars, restaurants et cafés

Le détail qui m’a marqué, c’est que même un vendredi ou un samedi soir, la ville reste assez calme. On peut toutefois remarquer qu’en centre ville et vers la gare, on voit pas mal de jeunes avec les cheveux décolorés et style branché (des « yankees » comme dit ma copine) se regrouper pour aller dans les bars, clubs et karaoke. Le centre ville prend du coup une allure de « Kabukicho » (re-dixit ma copine), avec pas mal de karaoke et de bars à hôtesses.

Je tiens tout de même à parler d’un ou 2 endroits que nous avons particulièrement apprécié pour boire et manger.

Karaage center – からあげセンター

Sans faire dans le haut de gamme, juste à côté de la gare pour grignoter un bout, ce tachinomi fait très bien le job. Personnel et ambiance super sympa, prix corrects, nourriture très bonne et assez variée (même si vu le nom, on part quand même plus sur du poulet), je recommande fortement, ne serait-ce que pour commencer la soirée. Les morceaux de poulets sont juste énormissimes et succulents, avec la spécialité de Nagano : le sanzoku-yaki (山賊焼き).

Banzaiya – ばんざい家

La très bonne surprise culinaire du séjour, totalement au pif, alors qu’on cherchait un endroit pour manger, pas trop cher, pas loin de notre logement. Ce petit izakaya dans le centre ville propose un large choix de bouffe et d’alcools. Les amateurs de saké -日本酒 et de shôchu – 焼酎 seront ravis (ils ont du akakirishima et du akanekirishima, c’est pas souvent!). Les alcools sont servis à ras-bord à la table du client, avec la possibilité de voir la bouteille pour en savoir plus. Et quand je dis à ras-bord, c’est jusqu’à ce que le verre déborde. On se fout pas de votre gueule!

Il faut absolument que je me mette en quête d’un izakaya aussi bien dans Tokyo! De mémoire à 2, en ayant très bien mangé et bien bu, on en a eu pour environ 5000-6000 yen.

Kamenoya café – かめのや

Ce tout petit café, un peu bobo, ne présente apparemment rien de particulier. Pourtant, son calme et son ambiance font que j’en parle ici. Quand on entre, on se retrouve complètement ailleurs, avec l’impression qu’on pourrait se retrouver tout d’un coup dans un café parisien un peu décallé. Les fauteuils un peu retro sont juste ultra confortables, et une baie-vitrée au fond du café donne une vue sur une espèce de minuscule patio, comme laissé à l’abandon, avec un petit bassin dans lequel nage quelques poissons. On peut aussi y apercevoir une tout petite porte, on s’est d’ailleurs demandé où elle pouvait bien mener et qui pouvait bien l’utiliser. Le genre de truc qui pourrait être sorti tout droit d’un Ghibli. Le lieu avait un intérêt particulier pour ma copine qui y venait pour la première fois, et dont la mère et la grand mère venaient ici régulièrement 30 ans auparavant. Tout un tas de souvenirs qui resurgissent pour elle, ce qui rajoute un sentiment particulier pour cet endroit. J’aimerais y revenir si je repasse dans le coin.

Je recommande pour ceux qui veulent vraiment faire un break le temps d’un café ou d’un thé, même si les prix sont un peu plus élevés que la normale.

Drôle de gueule le tanuki, mais très bon

Alpes japonaises part 1 : Kamikôchi (上高地)

Située au coeur des montagnes centrales du Japon à environ 1h30 de bus de Matsumoto, la vallée de Kamikôchi, qui signifie littéralement « Hauts plateaux », offre des balades et randonnées superbes dans un décor qui fait plus penser aux alpes (d’où le nom des « Alpes japonaises ») qu’au Japon qu’on a l’habitude de voir.

La plupart des gens dans le bus sont assez bien équipés pour la marche, avec des grosses chaussures de rando, des bâtons, et des gros sacs contenant tout le nécessaire pour la marche en montagne. Pour moi et ma copine, rien de tout ça : nous sommes partis simplement en baskets. En effet, autant il est possible de faire de la vraie rando, autant on peut aussi suivre un parcours plus tranquille, avec un chemin tout tracé sur un terrain pas du tout accidenté, au milieu de la vallée le long de la rivière Azusa-gawa. C’est ce que nous avons décidé de faire.

Nous descendons à l’arrêt de bus situé au niveau du lac Taishô (大正池), début de la balade. Le lac, au milieu des montagnes, est magnifique et il est possible de louer une barque pour 30 minutes pour 1000yen.

Nous continuons notre promenade vers le Kappabashi , à environ 3,5 kilomètres de là. Les paysages se succèdents entre champs, forêts et lacs, toujours en longeant la rivière Azusa-gawa. On a pu apercevoir mont Yake, volcan toujours en activité. D’ailleurs le matin même nous avons reçu des alertes sur nos portables disant que le volcan avait donné des signes d’activité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivés au niveau du pont Kappabashi, on peut voir une foule de randonneurs. En effet, le pont suspendu offre une belle vu sur la rivière et la vallée, et un restaurant, bien qu’un peu cher, propose des bons gyozas et ramens. Il y a aussi des bus qui permettent de repartir vers Matsumoto.

Alpes japonaises part 2 : Utsukushigaharakougen (美ヶ原高原)

Egalement à 1h30 environ de bus de Matsumoto, les plaines de Utsukushigaharakougen situées à 2000m d’altitude offrent un panorama à 360° sur les Alpes japonaises. Malheureusement à notre arrivée en haut, à peine sortis du bus qu’une énorme averse nous tombe dessus. Nous avons dû attendre presque une demi-heure abrités, que ça se calme pour pouvoir commencer à nous balader.

Alors qu’il pleuvait encore un peu, et profitant du fait que la majeure partie des gens étaient restés abrités dans le musée ou la boutique situés au niveau de l’arrêt de bus, nous avons pu nous balader presque seuls pendant une bonne demi-heure dans les plaines, avant que le ciel ne s’éclaircisse un peu.

 

 

Il y a très peu de bus qui font le trajet jusqu’à Matsumoto, ce qui ne nous a laissé que 2 petites heures pour profiter du lieu, sachant que nous avons perdu du temps à cause de l’averse. Pas de bol, mais ça vallait quand même le coup.

Conclusion

Les Alpes japonaises portent bien leur nom. C’est un endroit parfait pour passer un week-end prolongé pour s’évader de Tokyo et sortir des paysages classiques qu’on peut voir un peu partout au Japon. Une belle découverte et de bons souvenirs.

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1 AN AU JAPON : Que s’est-il passé ?

Au moment où je publie cet article, ça fait (déjà!) exactement 1 an jours pour jours que je suis au Japon, et donc vu que je suis parti avec un visa Vacances-Travail valable 1 an je devrais être à l’heure actuelle dans un avion direction Paris, ou ailleurs. Pourtant je suis toujours dans ma petite chambre, en sharehouse à Tokyo. Retour sur ce que j’ai fait pendant cette année de PVT et ce qui m’a fait rester au Japon…

ARRIVEE ET PREMIER MOIS A OKINAWA

Je suis arrivé au Japon le 14 juin 2016 pour commencer mon PVT. Comme prévu dans mon programme présenté à l’ambassade de France pour l’obtention de mon PVT, j’ai commencé mon séjour au Japon en douceur en allant à Okinawa pendant 1 mois. J’ai séjourné chez une amie qui m’a bien aidée, pour le logement mais aussi pour les premières démarches administratives (vu que je ne parlais quasiment pas un mot de japonais), pendant les 2 premières semaines, et ensuite je suis parti visiter les îles en solo pendant 10 jours. Enfin, pas vraiment en solo puisque je me suis fait quelques potes à l’aéroport. J’ai vraiment visité des coins superbes grâce à eux. C’est le genre de rencontres au pif qui n’arrivent que dans les voyages en solo, c’est pour ça que je préfère ça plutôt que de voyager en groupe.

Une petite video récapitulative ici (youtube)

15 JOURS à KYOTO ET NARA (et alentours)

Après Okinawa direction Kyoto chez un ami français pour 2 semaines. J’avais déjà été là bas 3 ans auparavant, mais seulement pour quelques jours, donc j’avais pas eu le temps de bien visiter. Du coup cette fois-ci j’ai pu prendre le temps de faire le tour, et même d’aller un peu plus loin jusque Nara mais aussi de visiter les villages voisins de Kibune et Kurama dans la montagne, ainsi qu’Arashiyama et sa fameuse forêt de bambous. Et le must, c’est que c’était en plein Gion Matsuri, un des plus gros festivals du Japon, sous une chaleur de plomb (il fait chaud à Kyoto en été, très chaud). Franchement le top !

 

ASCENSION DU MONT FUJI FIN JUILLET

Sur la route entre Kyoto et Tokyo, j’ai fait un passage par le Mont Fuji. C’était la période parfaite pour l’ascension, alors autant en profiter.

Je ne m’attendais clairement pas à galérer autant, même si j’ai pris le tracé soit disant le plus compliqué. Le récit du périple (avec photos) est par ici. Je garde une certaine fierté de l’avoir escalader de nuit et par ce trajet, et bien sûr le souvenir d’un superbe lever de soleil au sommet. A refaire (mais peut-être par un chemin plus facile cette fois).

 

TOKYO

Je vais tenter de détailler un peu plus cette partie, puisque Tokyo est l’endroit où j’ai passé le plus de temps au Japon. J’y ai posé mes valises fin juillet 2016, et je suis à priori parti pour y rester quelques temps…

L’ECOLE DE JAPONAIS ET LA SHAREHOUSE

J’avais décidé, avant de venir au Japon, de prendre 2 mois de cours dans une école de Japonais pour pouvoir me débrouiller un peu pendant mon séjour. J’avais vraiment envie de pouvoir être autonome rapidement et de pouvoir profiter au maximum de tout ce qui m’entourait sans être complètement bloqué par la langue. J’avais du coup réservé une chambre dans une sharehouse en plein centre de Tokyo et à 15 minutes à pied de l’école. Un peu chère, mais je ne comptais y rester que pour les 2 mois d’école. J’y suis bientôt depuis 1 an.

 

J’ai vite pris mes marques dans la sharehouse : les autres locataires m’ont bien accueilli et m’ont vite fait me sentir à l’aise. A ma grande surprise, il y avait pas mal de Japonais, environ la moitié des habitants (à l’époque). Il y a assez peu d’habitant comparé à d’autres sharehouses à Tokyo, on est à peu près une dizaine donc tout le monde se connaît.

L’école était vraiment top et a dépassé tout ce que je pouvais espérer : Les cours étaient intéressants et bien faits, par des profs compétents et super sympas. Grâce aux événements organisés, j’ai pu y rencontrer pas mal de monde, étrangers ou japonais, qui sont toujours des amis que je vois aujourd’hui. C’est d’ailleurs là que j’ai commencé à sortir régulièrement et à découvrir les soirées à Tokyo. Entre les gens de l’école et les locataires de la sharehouse, les soirées ne manquaient pas, si bien que j’avais parfois du mal à suivre le rythme avec les cours en plus qui avaient lieu tous les matins du lundi au vendredi. C’était vraiment l’éclate, et j’avais peur de faire les comptes à la fin du mois. Je m’y suis pourtant toujours tenu et j’ai noté chaque retrait ou dépense depuis mon arrivée au Japon. J’ai pu alors vite voir que de jours en jours, l’écart se creusait entre ce que j’avais prévu et la réalité au niveau des dépenses. Genre, vite. C’est que sortir 3 fois par semaines, entre les karaoke et les restos/bars, même si globalement c’est pas cher par rapport à la France (du moins à Paris) ça fait mal au porte monnaie (pas besoin d’avoir fait maths sup’).

Mais c’est pas grave, j’avais prévu large, et de toutes façons l’école se terminait et j’avais prévu de déménager dans un logement moins cher avec des cours de Japonais (formule 2-en-1) le tout pour moins cher que ma chambre actuelle en sharehouse. En parallèle je comptais trouver un petit boulot (arubaito) pour subvenir à peu près à mes dépenses sans trop taper dans mes économies. Mais voilà, au final, ça s’est pas passé comme ça.

FIN DE L’ECOLE, JE FAIS QUOI MAINTENANT ?

Après mes 2 mois de cours à l’école de Japonais, j’avais tellement pris goût à la langue que je ne voulais pas en rester là. Je me suis dit alors que ça pourrait être bien au moins de valider un niveau, même petit, avant de revenir en France. Je me suis donc inscrit au JLPT – Japanese Level Proficiency Test – ou 日本語能力試験 en japonais (je ferai peut-être un article un de ces jours, si j’ai pas la flemme le temps). Le niveau 4. Autant dire que ça fait joli en déco accroché dans la chambre, mais bon, ça sert pas à grand chose. A part se fixer un objectif pour continuer à apprendre par soi même et savoir se situer à peu près dans l’apprentissage de la langue, vu qu’il y a un certain nombre de caractères japonais (Kanji) à savoir à chaque palier du JLPT. Je me suis donc dit que j’allais bosser pour le JLPT par moi même avec des livres et en parlant avec des japonais dans la sharehouse et dans les bars plutôt que de m’inscrire à l’école, pour commencer. Et ça a plutôt pas mal marché, puisqu’en bossant 3 mois avec des bouquins et en allant discuter avec des japonais, j’ai eu mon niveau 4. Au final j’ai juste appliqué le conseil que les gens me donnaient quand je leur demandaient quel étaient le meilleur moyen de vite progresser en Japonais : « Tu vas tout seul dans les bars et tu vas boire des bières avec des Japonais » (ou des cocas, tu fais comme tu veux après). Même en ayant un très petit niveau à l’époque, j’ai toujours tenté d’aller communiquer avec les gens, c’est vraiment la bonne manière pour vite progresser. En plus les japonais sont toujours contents de voir quelqu’un qui essaie de se lancer, ils vont jamais se moquer, bien au contraire.

Bon, c’est bien, mais en attendant j’avais toujours pas trouvé de solution contre mon problème de fuite de thunes. On approchait de novembre, soit déjà 5 mois de mon PVT, et alors que j’avais prévu de déménager dans un endroit moins cher et de trouver un boulot aux alentours de septembre, j’étais toujours dans ma sharehouse chère et sans travail. C’est aussi à ce moment là que j’ai commencé à penser vraiment à mon avenir au Japon. Jusqu’ici, j’avais bien profité, j’avais bien voyagé et rencontré pleins de gens, mais après ? J’ai alors commencé à ressentir ce qu’apparemment ressentent beaucoup de gens qui partent en PVT au bout de quelques mois, à savoir : Qu’est ce que je fous maintenant ?

Et pour répondre à cette question, j’ai réfléchi un peu et je me suis demandé ce dont j’avais vraiment envie.

En fait, j’adore Tokyo. Il y a tellement de choses à faire ici, de gens à voir,  de quartiers différents… Et même si c’est blindé de monde, je ne m’y suis jamais senti oppressé comme à Paris. J’avais envie de rester plus longtemps. Et n’ayant pas vu les 4 mois passer, je me voyais bien ici encore quelques temps, peut-être même plus longtemps que les 8 mois de PVT qu’il me restait. Pour cela, il me fallait des sous, déjà, et un visa travail de longue durée dans un 2ème temps. Donc trouver un baito (travail à temps partiel) tout en cherchant du travail dans ma branche, l’informatique, pour essayer de me faire sponsoriser un visa de travail (3 à 5 ans en général). Les objectifs étaient fixés, y’avait plus qu’à foncer. Facile à dire…

TROUVER DU BOULOT – PREMIERE ETAPE : LE BAITO

D’abord en cherchant par internet sur des sites de petites annonces assez connus (et pas toujours très recommandables…), j’ai vite déchanté et je me suis rabattu sur Hello Work (ハロ-ワ-ク), le pôle emploi Japonais. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que eux ils sont efficaces. J’ai eu un rendez-vous très vite avec un traducteur anglais et une agent(e?), pour me trouver un boulot qui me correspondait niveau horaires, lieu et compétences. Sur place ça a été assez rapide : après avoir cerné mon profil par rapport à mon CV et ce que je voulais faire (et ne pas faire), j’ai eu des présentations de fiches d’emplois pour des postes de prof d’anglais ou pour servir/faire la plonge dans des restos. A ce moment là, j’étais un peu dos au mur et j’étais pas trop regardant sur le boulot du moment que j’avais à peu près de quoi payer le loyer à la fin du mois, le temps de trouver un boulot à temps plein, ce qui était mon 2ème objectif – tu te souviens ?

Au bout d’environ 1 heure et quelques coups de fil à des employeurs plus tard, je décroche un entretien l’après-midi même pour servir dans un restaurant de cuisine française dans le quartier chic de Ginza. Le salaire horaire est pas trop dégueu : 1300yen de l’heure, soit un peu moins de 11 euros, alors que la majorité des boulot à temps partiels sont rarement payés plus de 1000yen.

L’entretien s’est déroulé à peu près comme ça :

« -Bon j’ai une petite expérience de service en restauration quand j’étais étudiant, mais je suis motivé à apprendre. Après j’ai pas un super niveau de japonais mais je suis aussi motivé à améliorer mon niveau. »

« -Mh ok … Oh, attends mais t’as été à la fac à Bordeaux ?! »

« -Euh oui, j’ai étudié là-bas. La fac de science. »

« -Mais attend c’est génial!  Tu peux commencer quand ? »

« -??? Bah dès ce week-end je suis dispo. Mais le service ça se passe en japonais ? Parce que bon, j’ai un petit niveau… »

« -Mais oui t’inquiètes pas pour ça t’es super bon! En plus t’es hyper classe avec ton costard. Allez, on se voit dimanche! »

J’ai appris par la suite que le chef de salle qui m’a fait passer l’entretien et avec qui j’allais bosser pendant plusieurs mois était en fait sommelier. Donc Bordeaux = Vins = c’est génial je t’embauche. Ah, les clichés de la France. Enfin du coup j’ai été embauché. Même si je suis une quiche en vins (j’y connais rien) et en cuisine.

J ‘ai donc commencé à travailler là bas fin octobre, principalement les weekend. En fait il fallait obligatoirement réserver pour venir au restaurant, donc si y’avait pas beaucoup de réservations, je venais pas travailler. Du coup je faisais pas beaucoup d’heures certaines semaines, et au final ça me permettait même pas de payer le loyer dans les mois les plus creux. Mais bon c’était déjà ça.

Au début je ne faisais que servir les assiettes et débarrasser, puis très vite j’ai fait un peu tout : Ménage de la salle et aide à la mise en place, récurage des chiottes, accueil des clients (en Japonais soutenu), souhaitage des anniversaires/anniversaires de mariage en français avec prises de photo (et chanson parfois). Bref, j’ai vite pris mes marques.

Mais le temps passait, et les rentrées d’argents n’étaient pas suffisantes. En plus ce boulot ne me permettait pas de basculer sur un visa de travail. Mais le plus dur pour moi je crois, c’était d’être là à trimer pour pas grand chose et de penser au niveau de vie que j’avais en France. Je n’avais qu’une envie c’était de pouvoir trouver un boulot à temps plein, d’avoir mes weekend et pouvoir sortir avec mes amis. En gros, pouvoir pleinement faire partie de la société et avoir des revenus fixes qui me permettent de vivre convenablement. J’avais l’impression de revenir en arrière, à 18 ans quand je bossais l’été pour me faire de l’argent de poche. Sauf que là, j’en avais 30. Quand je servais les clients, je me disais que c’était moi qui devrait être à leur place. Mon ego en prenait un coup, j’avoue, et ça peut paraître vantard. Mais que ce soit clair, je n’aurais laissé ma place pour rien au monde. Maisc’est aussi ce qui m’a poussé à continuer à chercher un boulot à temps plein en parallèle.

Malgré le fait que c’était très physique et mental (11h-23h voire minuit quasi non stop, le pire étant Noël et la fin d’année), que je me sois pris la tête avec le boss plusieurs fois, et que c’était un peu trop limite niveau salaire vu le peu de jours travaillés, j’en garde des supers souvenirs : Les clients étaient souvent très gentils et me souhaitaient bon courage pour mon séjour et l’apprentissage du japonais, l’ambiance globale était bonne, le resto était classe…

J’ai pu expérimenter le Bōnenkai (忘年会), littéralement « la fête pour oublier l’année passée » : Cette fête qui rassemble tous les employés d’une boîte dans un resto ou un bar pour trinquer tous ensemble, faire des beaux discours sur l’année passée… Mais surtout picoler et dire/faire des conneries. En l’occurrence, je me suis fait avoir, car quand on m’a dit « vient, c’est cool on va boire », je croyais que j’allais faire la fête, relax, avec les autres employés. Au final, toute la première partie de la soirée, je me suis occupé à accueillir les gens, à ranger leurs manteaux, et à leur servir du champagne. Comme quand je bossais au resto quoi… Mais j’en garde un bon souvenir : j’ai dû interpréter une chorégraphie sur une musique de J-Pop des années 80, habillé en short rose, et finir assis sur les genoux de la présidente de la boîte, le tout devant une centaine de salary men complètement éméchés. J’avoue, c’est une expérience.

LES ENTRETIENS ET LA PÉRIODE DE DOUTES

On était en février, je venais de fêter mes 30 ans. Je bossais toujours au restaurant, et en parallèle je passais des entretiens. Pour cela, j’avais dû remettre à jour mes infos sur LinkedIn et dans mes CVs, en anglais, français et japonais.

Au Japon il y a 2 types de CVs dont le format est bien spécifique :

-Le Rirekisho (履歴書), dans lequel on doit détailler nos informations personnelles, avec photo obligatoire au format photomaton et collée au CV (attention, pas scotchée ni agrafée, SURTOUT pas), ainsi que les dates d’entrée et sortie de chaque école et de chaque boîte où on a travaillé, depuis l’école primaire. Tu te rappelles toi de quand t’es rentré en maternelle ?

-Le Shokumukeirekisho (職務経歴書), dans lequel on détaille les boîtes dans lesquelles on a travaillé : le poste occupé, mais aussi les données de l’entreprise comme le nombre d’employés, la date de création, le chiffre d’affaire…

Une fois ces 2 CVs rédigés, en plus de ceux en anglais et français, j’ai vite été contactés par des recruteurs. En voyant mon profil, tous m’ont dit la même chose : « Le truc qui marche le mieux, c’est le mobile et le web. Et vu ton niveau de japonais, te fais pas d’illusion, il faut te tourner vers les boîtes anglophones, mais ça court pas les rues alors y’a de la concurrence… ». Bon, le mobile j’en ai jamais fait, et le web ça faisait presque 10 ans que j’y avais pas touché. Mais bon, j’avais rien à perdre, j’ai postulé à des offres et j’ai pu commencer à passer des entretiens.

Entre les petites, grosses, et très (très) grosses boîtes, j’ai dû en passer une bonne dizaine, en anglais et en japonais. J’ai eu le droit à plusieurs types de réponses :

-« Ton niveau de japonais est suffisant, mais on cherche quelqu’un avec de l’expérience dans *insère ta techno web/mobile qui est sortie hier* »

-« Tu corresponds au poste, mais ton niveau de japonais est pas suffisant » (mention spéciale à cette grosse boîte dont la stratégie principale depuis 2010 est que tous les employés doivent se parler en anglais, mais qui m’a fait passer un entretien en japonais, sans me prévenir)

J’ai aussi eu droit au : « Qu’est ce que tu fous ici? Rentre chez toi, tu trouveras facilement du boulot en France ». Bah oui tiens, que je suis con…

Bref c’était pas gagné, et parfois je me disais que c’était juste trop d’efforts pour sans doute pas de résultat, et que je devrais juste me trouver un 2ème petit boulot pour me refaire un peu de sous et partir voyager dans le Japon jusque la fin de mon visa avant de rentrer. Après tout c’est bien aussi, pourquoi se prendre la tête ?

Mais très vite après je reprenais du courage et je repartais dans mes recherches. En plus, j’avais trouvé une copine depuis quelques mois, donc pas question de rentrer maintenant. A ce moment là, quand je discutais avec les gens de ma situation, j’avais parfois droit à : « T’as qu’à faire comme tous les gaijins (étrangers) en galère de visa, tu te maries avec ta copine, et plus de problème! »

J’avais envie de rire, mais le plus souvent c’était pas une blague. Franchement, plutôt rentrer en France que de rester au Japon « enchaîné » (ce n’est que ma vision du mariage) à quelqu’un que j’ai rencontré seulement quelques mois auparavant, sans argent et sans avenir certain. Soyons sérieux 2 secondes, c’est complètement barge. Ma copine aurait d’ailleurs été sûrement la première à me traiter de fou (et peut-être à me larguer, haha).

                                                       Le couple le plus hot de tout Shinjuku ouest

J’envisageais à ce moment là la possibilité de devoir quitter Tokyo au moins pour quelques temps pour avoir des plans de sponsor de visa de travail.

LE CDI ET LE VISA TRAVAIL

Puis fin avril-début mai, j’ai passé des entretiens en japonais dans une petite boîte qui avait surtout l’air de chercher des gens motivés, genre start-up, jeune, comme j’avais pu faire en France. J’avais eu cette offre via le programme de travail de mon ancienne école de japonais (Coto Language Academy au passage, franchement je dirai jamais assez de bien de cette école). Après un très bon feeling à la sortie du premier entretien, j’ai très vite été contacté pour en passer un 2ème. Après 1 semaine, j’ai eu une réponse positive avec une promesse d’embauche. Gros soulagement et gros tournant pour le futur. La promesse d’embauche signée, la date de début est fixée au 3 avril 2017.

Ça fait maintenant 2 mois et demi que je travaille là-bas. Je dois dire que je suis bien tombé niveau ambiance : tout le monde est jeune, sympa, pas besoin de venir en costard, en été le short/sandales est OK. J’ai déjà eu droit à des soirées karaoké, tournoi de bowling, BBQ chez le boss. Bref, franchement cool. Après, je galère quand même encore vachement avec le japonais. Cette fois c’est plus l’école où les profs parlent bien lentement pour être sûrs que tu as bien compris, ou bien les discussions avec la copine sur des sujets de la vie de tous les jours ou les dernières conneries vues sur internet. Non, là c’est des centaines de mails écrits en Keigo (敬語 – formules en japonais soutenu) qui transitent tous les jours et qu’il vaut mieux lire, les réunions techniques quotidiennes parfois de plusieurs heures sur le projet en cours… Bref, au moins je suis bien immergé dans la langue, mais quand c’est 10 heures par jour, ça fatigue un peu la tête. Mais encore une fois les gens sont sympas et si je comprend pas (ce qui arrive assez souvent), je peux demander pour qu’on me réexplique plus simplement, donc je m’accroche.

Côté changement de visa (PVT vers Working Visa), j’ai été étonné de la vitesse à laquelle l’entreprise m’a donné tous les documents. Si bien que la semaine qui a suivi mon entrée dans la boîte, j’ai pu me présenter à l’immigration avec mon dossier complet. Moins d’un mois après, j’avais mon nouveau visa, valable 5 ans, donc jusqu’en 2022. De quoi voir venir un peu.

FUTURS PROJETS

Maintenant que j’y vois un peu plus clair sur l’avenir au Japon, je peux l’aborder plus sereinement. Déjà, il y a l’examen du niveau 3 du JLPT qui arrive le 2 juillet 2017 (donc plus que dans 2 semaines…je suis pas prêt). Je continue de me concentrer sur l’apprentissage du japonais pour être le plus vite pleinement opérationnel au travail. Mais après cet examen, maintenant que je sais que j’ai du temps, je vais essayer de m’impliquer plus dans ce qui m’entoure plutôt que de rester le nez dans les bouquins. Voyager un peu, découvrir petit à petit les lieux que je ne connais pas autour de Tokyo.

A court terme, trouver un appartement pour me rapprocher du travail et de ma copine. Bientôt 1 an en sharehouse, je commence à sentir l’envie d’avoir mon chez moi. Maintenant que j’ai un revenu fixe, je peux commencer à chercher quelque chose. Mais je suis pas pressé, donc je prend le temps de trouver quelque chose qui me plait vraiment.

Enfin, si on pense à du plus long terme, je pense rester au moins quelques années sur Tokyo, le temps de voir comment ça se passe et que mon niveau de japonais devienne suffisamment bon pour comprendre parfaitement tout ce qui m’entoure (boulot + vie sociale). Ensuite, suivant la situation, peut-être que je pourrais monter une boîte (avec un projet informatique ou autre) et/ou partir m’installer dans un coin plus paisible (Okinawa ? ^^). En tout cas, maintenant, j’ai le temps, et ça c’est cool.

CONCLUSION

Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas posté d’article sur le blog, vu que j’étais pas mal occupé (vu la taille de l’article je crois que ça se voit), mais je voulais vraiment marquer le coup pour les 1 an au Japon et en profiter pour donner des nouvelles et vous faire partager un peu mon expérience durant ce PVT. Quand je repense à tout ce que j’ai vécu pendant cette année sans avoir vu le temps passer, je suis vraiment content de pouvoir rester plus longtemps au Japon pour poursuivre l’expérience. Pour ça j’ai un peu galéré, ça a pas toujours été facile, mais je suis content d’avoir réussi ce que je voulais faire.

Pas besoin d’avoir un N1 ou N2 en japonais pour trouver du boulot, j’ai passé des entretiens pour des boîtes qui stipulaient N3 ou N2 minimum sans qu’on me demande jamais de montrer un seul diplôme. Il y a beaucoup de feeling, d’ailleurs je n’ai jamais passé de test technique pendant les entretiens japonais. A la place, j’avais plutôt droit à des questions du genre « Tu fais quoi si je te donne 1 000 000 de yen? »

Voilà, c’est la fin du PVT, j’en aurai bien profité. Maintenant, j’ai 5 ans pour poursuivre l’aventure au Japon. C’est parti !

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L’assurance maladie Japonaise : A quoi ça sert et quelques trucs à savoir

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A quoi ça sert d’y souscrire si on a déjà une assurance voyage ?

Bien que je possède une assurance souscrite en France avant mon départ au Japon couvrant pas mal d’incidents et de frais médicaux en cas de problèmes, j’ai décidé de souscrire à l’assurance maladie nationale japonaise à mon arrivée sur le territoire.

Toute personne résidant plus de 3 mois au Japon peut faire la demande de souscrire à l’assurance maladie nationale japonaise (国民健康保険, Kokumin-Kenkō-Hoken).  En fait, lorsqu’on l’on va faire inscrire son adresse au dos de sa carte de résident à la mairie, on se la voit proposer automatiquement. Bien qu’elle soit théoriquement obligatoire, dans les faits il n’est apparemment pas obligatoire d’y souscrire. Mais il est fortement conseillé de le faire, même si on possède déjà une assurance voyage, pour une simple raison : elle prend en charge 70% de la majorité des frais médicaux directement. Reste donc plus que 30% à la charge de l’assuré, qu’il pourra se faire rembourser par son assurance voyage s’il en a pris une avant son départ. Sachant que les frais médicaux ne semblent pas être « donnés » au Japon, imaginez un peu : Vous vous fracturez une jambe, vous devez subir une opération, de la rééducation, des médicaments … autant vous dire que ça va faire mal au porte monnaie en plus de la jambe, sans doute plusieurs milliers d’euros. Même si vous envoyez la facture à l’assurance voyage souscrite en France, celle-ci va peut-être mettre plusieurs mois à vous rembourser la totalité de la somme avancée.

Combien ça coûte ?

Le prix de l’assurance dépend de l’endroit où vous habitez au Japon. Mais pour vous donner une idée, pour le temps que je suis resté affilié à Okinawa, soit 1 mois et demi du 15 juin au 1er août, j’ai payé 2500¥, soit environ 21 €, ceci incluant des frais de changement d’adresse. En fait je ne savais pas trop à quoi m’attendre, sachant que quand je suis arrivé à Okinawa, une amie japonaise m’a aidé (et je l’en remercie beaucoup!). Elle a carrément fait les démarches à ma place, je n’ai eu qu’à mettre mon nom et à signer en gros. Si bien que je n’avais aucune idée de quand ni quoi j’allais devoir payer. Quand je lui ai posé la question ça s’est à peu près passé comme ça :

« Euh sinon… combien ça coûte ? Comment et quand je vais devoir payer? »

« Oh t’inquiète. Bon j’ai faim, ça te dit un kaiten sushi ? »

« Ouais ! Sushiiiiiiiis ! »

Du coup j’ai eu la surprise dans ma boîte aux lettres après avoir signifié mon changement d’adresse une fois arrivé à Tokyo.

Actuellement à Tokyo, je vais devoir payer 9240¥ pour 7 mois (septembre à mars), donc 1320¥ par mois soit environ 11€ par mois. Mais à la base j’aurais dû payer beaucoup plus si je ne m’étais pas renseigné à la mairie avant de payer quoi que ce soit…

A savoir pour ne pas se faire « pigeonner »…

Un beau jour de septembre, je reçois un courrier de la mairie de Shinjuku. Il s’agissait du montant des mensualités que j’allais devoir payer pour l’assurance maladie jusqu’en mars. Le montant m’a quelque peu interpellé : Il m’était demandé de payer tous les mois 4400¥, soit 38€. Environ 4 fois le prix de ce que je m’attendais à payer. Puis je me suis douté d’un truc… Revenons 1 mois et demi en arrière.

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Lorsque j’ai demandé à souscrire à l’assurance maladie à mon arrivée à Okinawa, la dame qui s’occupait de moi a dit quelque chose à mon amie japonaise, mais je ne savais pas bien quoi. Mon amie m’a alors juste dit qu’on devrait retourner à la mairie car il fallait finir de régler quelque chose à propos de ma souscription. Finalement, vu qu’elle était assez débordée, je lui ai dit que je pouvais y aller tout seul si elle m’expliquait un peu plus en détail  ce que je devais faire au juste. Finalement elle m’a donné un papier sur lequel elle a écrit un truc du style : « Je ne travaille pas, merci de revoir les mensualités en conséquences ». En allant à la mairie avec ça, les personnes ont tout de suite compris, et je suis reparti sans bien comprendre ce qu’il s’était passé, mais ils m’ont assuré que « ma demande avait bien été prise en compte ». Soit.

Du coup, pour les mensualités à payer à Tokyo je me suis douté du truc. Avec un bien meilleur niveau de japonais qu’à l’époque (merci les cours intensifs!), je me suis rendu à la mairie de Shinjuku avec les factures :

-« Bonjour, j’ai reçu ces mensualités à payer pour l’assurance maladie, mais ça me semble un peu cher… Je ne travaille pas actuellement. »

-« Ah, et l’an dernier ? »

-« En fait je suis en working holiday, je ne suis au Japon que depuis juin de cette année. »

-« Ah ok! Vous allez donc avoir une réduction. Remplissez cette feuille et attendez qu’on vous appelle svp. »

Après avoir rempli quelques infos de base (nom, adresse, but de mon séjour au Japon), j’ai été appelé au guichet. J’ai été accueilli par une dame très sympathique (on s’est bien marrés au passage), qui m’a gentiment et très simplement expliqué que ma facture totale jusqu’en mars allait passer de 30800¥ à 9240¥ … soit 70% de réduction. C’est de la bonne réduc’ ça !

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30800¥ -> 9240¥. Dans le plus grand des calmes.

Du coup, la question que je me pose, c’est : Sur quoi ils se basent pour sortir ce chiffre de 30800¥, alors qu’à aucun moment ils ne m’ont demandé si je travaillais et combien j’avais gagné l’an dernier ? Et d’ailleurs pourquoi ils ne m’ont pas directement demandé si je travaillais ou pas pour m’envoyer directement une facture avec le bon montant ? En gros, le mec qui se pose pas de question paye plein pot… Un peu douteux quand même.

Si des gens qui lisent cet article connaissent un peu le fonctionnement de l’assurance maladie nationale japonaise et le calcul utilisé pour définir les mensualité à payer, n’hésitez pas à commenter. Vu que je ne suis arrivé ici que récemment, j’ai peut-être loupé quelque chose.

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Des bains à ultrasons pour nettoyer ses lunettes gratuitement dans la rue

Il y a quelques jours un déjeuner était organisé par les profs de mon école de Japonais. En route vers le restaurant, la prof nous a montré un truc super pratique : Les bains à ultrasons pour nettoyer ses lunettes.

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J’avais jamais fait attention à ces trucs là, pourtant rien que sur la route pour le restaurant nous en avons vu 2 ou 3. Le principe est simple et totalement gratuit :

Etape 1 : On met ses lunettes (de soleil ou de vue) dans le bain à ultrasons et on met en route.

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Etape 2 : Après environ 1 minute dans le bain à ultrasons, on met les lunettes dans le bac d’eau claire pour les rincer.

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Etape 3 : On les sèche avec un mouchoir mis à disposition.

Etape 4 : On voit à nouveau 🙂

Mes lunettes de soleil étaient toujours dégueulasses, j’ai pu le confirmer après les avoir passées au lavage à ultrasons, honnêtement après ça les verres étaient limite plus propres que quand je les ai achetées. En plus ça prend 1 minute et c’est gratuit !

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Mont Fuji : Ascension de nuit par le Gotemba Trail

Le Mont Fuji est une montagne sacrée culminant à 3 776m d’altitude, ce qui en fait le point le plus haut du Japon. De nombreux Japonais mais aussi beaucoup de touristes viennent gravir le mont Fuji chaque année, principalement pour le symbole fort qu’il représente au Japon, que ce soit pour sa forme si caractéristique ou le symbole religieux qu’il représente. Le Mont Fuji est toujours considéré comme un volcan actif, bien que la dernière éruption a eu lieu en 1707 et que le risque d’une nouvelle éruption est actuellement très faible.

Etant à Kyoto et devant me rendre à Tokyo, et étant donné que nous étions en pleine saison d’ascension en cette fin de juillet, je me suis dit que je ne pouvais pas rater une telle occasion, le Mont Fuji étant sur mon trajet. Quand je parle de « saison d’ascension », il est en fait possible de grimper le Mont Fuji n’importe quand dans l’année, mais à ses risques et périls… En effet, la période officielle d’ascension commence début juillet et se termine fin août, période durant laquelle le climat est le plus clément au sommet et où les refuges et accès aux stations sont ouverts. En dehors de cette période, l’ascension est beaucoup plus risquée (des personnes y sont restées).

Il y a 4 itinéraires officiels pour gravir le Mont Fuji, chacun depuis des endroits différents :

-La voie Yoshida (« Yoshida Trail ») : Elle offre l’itinéraire le plus court (5,8km) pour accéder au sommet , c’est la voie la plus populaire car facile d’accès depuis Tokyo, on y croise le plus de monde. La montée prend 5 à 7 heures et 3 à 5 heures pour la descente.

-La voie Subashiri : C’est l’itinéraire ayant la pente la plus douce, mais du coup il est un peu plus long que le Yoshida (7,8km). Il y a moins de monde au début mais le trajet rejoint le Yoshida sur la fin. pour grimpeurs plus « expérimentés » du fait qu’il y ait moins de refuges sur le trajet. Le trajet offre plus de végétation que le précédent, pratique pour marcher un peu à l’ombre en journée. 5 à 8 heures de montées, 3 à 5 heures de descente.

-La voie Fujinomiya : C’est la voie la plus courte (5 km) et la plus fréquentée après la Yoshida. Il s’agit de la voie « originale » d’ascension du Mont Fuji et est toujours considérée comme « l’entrée principale ». 4 à 7 heures pour la montée, 2 à 4 heures pour la descente.

-La voie Gotemba : La voie la plus difficile car la plus longue (9.4 km) et offrant le moins de refuge. On y croise le moins de monde cependant.La première partie du parcours se fait sur des cendres issues de la dernière éruption de 1707. 7 à 10 heures pour la montée, 3 à 6 heures pour la descente.

Recherchant un peu de challenge, et étant curieux de voir le décor lunaire qu’offrait le parcours, je décide de faire l’ascension par le Gotemba Trail, de nuit afin de pouvoir profiter du lever du soleil une fois au sommet. Je chope donc un train qui m’amène de Kyoto jusqu’à la ville de Gotemba, avec une arrivée aux alentours de 15h30, parfait pour attraper le dernier bus qui nous amène jusqu’à la 5ème station du Gotemba Trail, point de départ du circuit situé à 1 440m sur le Mont Fuji. Juste le temps de poser mon énorme sac de 30kg dans un coin locker, de me changer dans les toilettes de la gare et de faire quelques provisions pour la route, et c’est parti 🙂

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Tracé du Gotemba trail. Le chemin n’est pas exactement le même à l’aller et au retour : A droite l’ascension, à gauche la descente

Plus le bus se rapproche de la station de départ, plus on entre dans un épais brouillard. Je ne vais pas me plaindre pour l’instant, au moins il n’y a pas de pluie comme c’était prévu avec la météo. J’arrive à la 5ème station de Gotemba sur les coups de 17h20. Le temps de faire quelques étirement et quelques photos, et j’entame l’ascension sur les coups de 17h30 comme je l’avais prévu, afin d’arriver vers 2h-2h30 du matin au sommet.

Lorsque le bus qui nous a emmené repars, nous sommes 4 randonneurs prêt à en découdre avec le Fujisan jusqu’au petit matin. Le brouillard épais et le silence ne manquent pas de rajouter un côté mystique, le tout donnant une ambiance très particulière.

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Le dernier bus qui repart. Plus de retour en arrière possible, le seul chemin est celui vers le sommet…

 

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Un petit côté « Silent Hill »…

 

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Torii marquant l’entrée du Mont Fuji. Il convient d’entrer en passant par dessous en se courbant devant le torii, il s’agit d’un lieu sacré après tout.

 

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J’ai pris quoi comme équipement ?

Ayant fait un trail au Groënland en été dernier, j’ai repris plus ou moins les mêmes vêtements et équipements. Voici ce que j’ai pris et ce qui me paraît plus ou moins important à emporter pour l’ascension :

Chaussures de marche (en Gore-Tex, imperméables) + Chaussettes de marche en laine – Indispensable : Vu le terrain et la difficulté de l’ascension, il me paraît indispensable d’avoir de bonnes chaussures de marche qui maintiennent bien les chevilles. Plusieurs fois j’ai fait des faux pas à cause du terrain et de la fatigue, autant de fois où j’aurais pu me fouler la cheville ou me faire une entorse. Ne pensez même pas le faire en basket. La matière en Gore-Tex permet de garder les pieds au sec en cas de pluie. Pour les chaussettes, prendre de bonnes grosses chaussettes de marche en laine pour éviter de s’esquinter les pieds et les garder au chaud. Même avec ça, une fois en haut, j’avais assez froid aux pieds.

Pour le bas du corps : Collant thermique – Fortement conseillé – + pantalon de rando – Indispensable : Un collant thermique, ça coûte rien chez Décath’ et ça maintient assez bien les jambes au chaud tout en restant très léger. Et autant vous le dire direct, quand on arrive vers le sommet, ça caille vraiment sévère, même au mois d’août. Un pantalon de rando … bah normal quoi. On peut aussi prévoir un sur-pantalon imperméable que je n’avais pas pris, heureusement il n’a pas plût.

Pour le haut du corps, pas de secret, le système en 3 couches – Indispensable : Couche 1 – T-Shirt manches longues de randonnée en Merinos, qui permet une bonne évacuation de la transpiration et qui est naturellement antibactérien. Couche 2 – Polaire légère à enfiler quand la température commence à baisser. Couche 3 – Protection imperméable légère en Gore-Tex, en cas de pluie, qui laisse évacuer la transpiration sinon bonjour le sauna.

Lampe frontale – Indispendable : Si on fait l’ascension de nuit, ça va de soi. Et frontale pour garder les mains libres.

Tour de cou de type Buff/ Bonnet – Fortement conseillé : Le vent à cette altitude est très froid. Attention à la gorge et aux oreilles. Le tour de cou permet de faire une protection pour la gorge, on peut aussi le transformer en bonnet, bref c’est pratique. Sinon un bonnet pour les oreilles c’est déjà bien.

Gants – Fortement conseillé : Au final je ne les ai utilisés qu’une fois arrivé au sommet, mais ça dépend de la sensibilité de chacun. J’ai croisé quelqu’un, pourtant encore loin du sommet, qui a dû s’arrêter un moment car il ne pouvait plus bouger ses doigts à cause du froid.

Bâtons de marche – Fortement conseillé : Surtout si vous avez un sac qui pèse comme le mien, vu le terrain notamment au début où on glisse pas mal sur la cendre, ça me paraît limite indispensable d’en prendre. Et puis ça permet de se reposer un peu dessus quand on prend des poses. J’ai vu d’autres personnes sans bâtons, mais avec des sacs qui avaient l’air beaucoup plus légers. A voir.

Téléphone (avec lequel on peut appeler du Japon bien sûr) – Fortement conseillé : Tout au long du trail, il y a des poteaux tous les 100m environ, avec un numéro de balise et le rappel du numéro d’urgence (110, de mémoire). Si vous êtes dans le pétrin, vous appelez ce numéro en donnant le numéro de la balise et on vient à votre secours.

Un sifflet d’urgence – Optionnel : J’avais ça dans ma poche, ça peut toujours servir mais au final il y a du passage sur le trail même en pleine nuit.Si vous avez le téléphone comme expliqué plus haut, on doit pouvoir vous retrouver facilement en cas de problème.

Une doudoune – Fortement conseillé : Une fois arrivé en haut en pleine nuit, en attendant que le soleil ne pointe le bout de son nez, il fait très froid. OK, ça prend de la place dans le sac, mais je n’ai pas regretté du tout.

Y’a quoi dans mon sac ?

Le sac était lourd, sans doute trop lourd (je dirais entre 12 et 15kg), en fait je ne m’attendais pas à un tracé aussi fatiguant et j’ai été trop sûr de moi… Du coup le poids du sac m’a bien fatigué. Voici ce que j’y avais mis comme vêtements/équipements/nourriture :

Pour la nourriture, j’ai pris ça dans un combini : 2L d’eau répartis sur 2 bouteilles (au final 1L a suffi pour l’ascension, mais ça dépend de chacun), 2 barres de céréales énergisantes, un Snickers (le chocolat, ça redonne du jus en cas de coup dur), 2 longs Makis mais ce que je ne savais pas c’est qu’ils étaient fourrés au natto, et le natto c’est dégueulasse, genre vraiment dégueulasse (une bouchée ça va, pour goûter, mais en rando bof bof), du coup je ne les ai pas mangé. 1 sandwich au thon, 2 petites canettes de café froid, 1 cookie pour le petit déj du lendemain avant la descente, une madeleine. Au final rien n’était de trop.

– La fameuse doudoune 

Les affaires que j’avais avant de me changer : ça n’a servi à rien mais j’ai été confronté à un dilemme avant mon départ, je devais laisser mon gros sac dans un coin locker, puis aller me changer ensuite (il était bien trop gros pour se le trimbaler dans les WC), et ensuite devoir réouvrir le locker pour redépenser des sous … bof. Alors j’ai tout pris, c’était du poids en plus pour rien.

L’appareil photo + GoPro + appareils de recharge : Là j’ai clairement abusé, je suis parti avec un gros reflex + tout le bazar… C’est ce qui prenait le plus de poids et de place dans le sac. Un bon appareil compact aurait été mieux, mais je n’avais que le reflex.

Une paire de chaussettes de rechange au cas où

Le trajet

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En route vers la station 6.

 

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Oishi-Chaya est une petite boutique de nourriture et de souvenirs que l’on trouve 5mn après le début du trail.

Au bout d’une heure à patauger dans les cendres de Osunabashiri le tout dans un épais brouillard, j’arrive à Jirobo, qui fait office de station intermédiaire 5.5. Bon au final c’est juste un panneau, rien de bien spécial. Je décide tout de même de faire un pause de 10mn en mangeant une barre de céréale et en buvant de l’eau, je n’ai pas beaucoup mangé le midi et je sens déjà que l’ascension va être éprouvante…

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Ces barres sont juste trop bonnes. Je vous les recommande, c’est mon « osusume » du jour 😉

 

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On traverse régulièrement des chemins où circulent des bulldozers.

Je reprends la route, et sur les coups de 19h la température baisse fortement, étant maintenant à plus de 2000m d’altitude et le soleil se couchant vers 19h20. Je décide donc d’enfiler la polaire. Quelques minutes plus tard je prends la lampe frontale, ce qui ne me sert pas à grand chose, voire pire car je ne vois même plus à 5m à cause du brouillard et la lumière ne fait que rendre le brouillard plus opaque. A ce moment là je ne vois pas beaucoup plus loin que mes bâtons et je ne vois plus aucun panneau ni indication. La seule chose à faire est d’essayer de distinguer des traces de pas au sol pour suivre la route. J’entends près de moi des gens qui sont sûrement en train de redescendre, peut-être à 10m de là, mais je suis incapable de les voir. C’est assez flippant.

Heureusement, au bout de près de 20mn de marche à l’aveugle, je finis par tomber sur une corde blanche délimitant le trail. Quelques minutes plus tard, je passe soudain au dessus du brouillard, et la visibilité devient très claire avec la lampe frontale. Le ciel est rempli d’étoiles, et en me retournant je peux contempler l’épais nuage de brouillard en dessous de moi. La motivation revient, je suis soulagé.

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Une fois les 3000m passés, je fatigue de plus en plus. Je suis à bout de souffle, et je commence à avoir de sérieux vertiges, maux de têtes et de ventre, à cause du manque d’oxygène qui se fait sentir et de la fatigue. Je suis contraint à faire des pauses de plus en plus régulières pour reprendre mes esprits.

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Je décide de faire une pause plus longue à la station 7.9. Il est environ 23h45, Je marche depuis déjà plus de 6h, et le sommet n’est plus qu’à 1,5km. Je ne le sais pas encore, mais ce dernier passage va se révéler hardcore.

Pendant ma pause, je fais la connaissance de Ryo, un jeune japonais de 22 ans, étudiant en mathématique à Tokyo, qui va travailler pour une banque à la fin de ses études l’an prochain. Il est arrivé à la station 7.9 l’après midi vers 17h avec 3 autres amis afin de dormir et de repartir vers le sommet vers 2h du matin. De fil en aiguille, j’apprends que son école à Tokyo est juste à côté de l’école dans laquelle je vais prendre mes cours de japonais à partir du 1er août. On échange nos facebook/LINE (oui, même à minuit en haut du Mont Fuji on peut se faire des contacts!). Je repars pour la dernière ligne droite (enfin, pas vraiment du coup…) vers le sommet sur les coups de 00h30.

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En route vers le sommet ! (On dirait pas mais c’est la Lune en fait)

Le dernier tronçon du parcours se fait dans la douleur, le chemin est maintenant recouvertes de gros cailloux, et la pente est très raide, beaucoup plus qu’avant. Avec la fatigue physique, le manque de sommeil et l’altitude, je fais de nombreux faux-pas, mais sans tomber (merci aux chaussures et aux bâtons). Je suis contraint de faire des pauses tous les 100m car j’ai de plus en plus de vertiges.

Lorsqu’enfin, peu avant 2h30 du matin, fatigué et frigorifié, je passe enfin le torii marquant l’entrée au sommet du Mont Fuji.

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Yatta !
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Le sommet Kengamine à 3 776m, le point le plus haut du Japon

 

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Le gars qui vient exprès pour poster son courrier il est motivé

Je me dirige vers le Kengamine, marquant le point culminant du Mont Fuji. Encore quelques centaines de mètres à pic à parcourir. Arrivé tout en haut, il y a déjà une quinzaines de personnes qui attendent ici le lever du soleil, certaines carrément avec des trépieds (???) pour prendre les meilleurs clichés possibles. Il fait très froid, j’enfile les gants et la doudoune, je bois un café (froid) avec un cookie, et j’attends en essayant de me reposer un peu. Il est maintenant environ 3h30, et les lumières du jour commencent déjà à apparaître.

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Sur les coups de 4h du matin, une foule de randonneurs commencent à arriver. Le soleil devrait pointer le bout de son nez d’ici 40 minutes.

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Sur les coups de 5h30, après avoir pris pleins de clichés du lever du soleil, et alors que la foule commence à se faire de plus importante et bruyante, je décide d’en profiter pour amorcer la redescente.

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L’ombre du Fujisan dans les nuages, stylé !

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J’ai repris un peu de forces, et le soleil étant levé la température commence à remonter. Je peux enlever les couches en trop, et amorcer la descente. N’ayant qu’une envie, celle d’arriver en bas et de pouvoir me reposer, et même si les jambes et surtout les genoux me font mal, je décide de donner tout ce qui me reste comme énergie et j’entame la descente en courant.

Après le passage un peu casse-gueule des gros cailloux, je retombe sur la route de sable/cendre du début de la montée. Et là c’est plutôt tranquille, je prends beaucoup de vitesse mais mes pas sont amortis par le sable. Un peu de contrôle avec les bâtons, je prends le coup, j’avance bien. Mais au bout d’un moment la couche de sable devient de moins en moins profonde, et il devient difficile de contrôler sa vitesse sans que les genoux prennent cher. Je suis obligé de ralentir et de faire des pauses. L’occasion pour moi de me rendre compte que je suis carrément tout seul, comme au beau milieu d’un désert lunaire.

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J’arrive enfin en bas sur les coups de 7h40 du matin. Je dois dire que courir dans le sable pendant 1h30, au bout d’un moment, ça lasse. A mon passage au Oishi-Chaya, un employé est là, les bras derrière le dos, un grand sourire au lèvre, et me lance un « Otsukaresama! » tout en me saluant (ce qu’on pourrait traduire par « tu t’es donné à fond »). C’est pas peu fier que j’arrive enfin à la station de bus pour le retour à 9h05, ce qui me laisse une bonne heure de repos. En arrivant, je vois des gens entamer le parcours, je leur souhaite bon courage de tout coeur, en repensant à tout le trajet effectué.

Conclusion

Ah, il m’en aura donné du fil à retordre ce Mont Fuji! Même si le trail de Gotemba était annoncé comme le plus difficile, je ne m’attendais pas à ça et je suis parti trop confiant, avec un sac trop lourd et peut-être pas assez entraîné/reposé avant. En tous cas je suis fier de l’avoir fait, le lever de soleil au sommet en valait le coup. De plus il y a une vraie entraide entre les randonneurs, tout le monde se dit « bonjour » et s’encourage dans les moments difficiles. Une expérience inoubliable, tant au niveau sportif (limite aussi fatiguant qu’un semi-marathon je dirais) que spirituel. C’est comme si j’avais une relation un peu spéciale avec cette montagne maintenant. Enfin je finirai en citant mon bon vieux pote Pef : « C’est l’émotion de la montagne » 🙂

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OKINAWA : Hateruma, l’île la plus méridionale du Japon

Lors de mon séjour à Okinawa, j’ai eu l’occasion, avec mes 3 chers compagnons rencontrés plus tôt à l’aéroport de Miyako en partance pour l’île d’Ishigaki, de me rendre sur la petite île d’Hateruma. Cette île, située à environ 1 heure de l’île d’Ishigaki en speed boat, est la plus méridionale de tout le Japon (c’est à dire la plus au sud de tout l’archipel japonais).

 

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Cette île fait partie des îles Yaeyama, elle compte environ 600 habitants pour une superficie de moins de 13km².

Après avoir été bien secoués par les vagues durant le trajet (attention au mal de mer), nous arrivons sur l’île.  Direction la plage de Nishihama (littéralement « la plage de l’ouest ») à seulement quelques minutes à pied du ferry terminal. Cette plage est réputée pour être l’une des plus belles d’Okinawa avec son sable fin et sa mer turquoise à perte de vue. En plus, elle offre un spot de snorkeling assez joli avec pas mal de gros récifs coralliens.

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Merci à Keisuke & Akiko pour les prises de vue sous-marines 😉

Après avoir passé une bonne heure dans l’eau et avoir essuyé une sacrée averse, je quitte momentanément mes amis pour aller me balader un peu sur l’île. J’étais curieux d’aller voir le point le plus au sud du Japon. Je pars donc en quête d’un vélo ou d’un scooter, ce qui est largement suffisant vu la petite taille de l’île.

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Au passage, je vous présente Koko chan

Je finis par trouver un bike rental qui loue des scooter ou des vélos. Ayant la traduction de permis japonaise sur moi, je demande à louer un scooter 50cc, qui me permettrait d’aller jusqu’au sud de l’île en environ 15mn. Mais étrangement, la personne me dit que c’est impossible de louer un scooter… Hum… OK, soit. Il ne me reste pas beaucoup de temps avant le départ du dernier ferry pour le retour vers Ishigaki donc je ne perds pas de temps en explications. Je décide de prendre un vélo. Là encore, on me dit que le trajet en vélo jusqu’au sud de l’île prend environ 40mn, ou 30mn si on est vraiment rapide, ce qui fait un peu juste pour choper le ferry. Je les rassure en disant que je vais tracer et leur garantis que je serai à l’heure pour rendre le vélo et avoir le ferry.

Au bout de 20mn de vélo hardcore, j’atteins le sud de l’île. La côte sud tranche complètement avec la plage du nord ouest : ici on a affaire à des falaises à pic et de la roche tranchante. Divers monuments et stèles marquent le lieu comme étant le point le plus au sud du Japon. L’endroit a des allures de bout du monde.

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J’aurais bien profité de mon passage sur l’île pour goûter l’Awanami, une variété très prisée d’Awamori (sorte de saké d’Okinawa) qui est produite sur cette petite île, mais l’heure du départ du ferry approche. Je me remets sur mon vélo direction le ferry terminal.

Je remercie vraiment mes amis de m’avoir traîné sur cette île sur laquelle je n’aurais sûrement pas mis les pieds pendant mon séjour à Okinawa. Ce fût une très belle découverte.

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KYOTO : Motomiya festival – Fushimi Inari taisha by night

Pendant le Gion Matsuri à Kyoto avait lieu non loin de là, dans l’arrondissement de Fushimi, le festival Motomiya ayant eu lieu le 23 juillet en 2016 au sanctuaire Fushimi Inari-taisha. Ce sanctuaire est dédié à la divinité Inari, symbolisée par un renard. Il s’agit au Japon du dieu de l’agriculture, de la croissance du riz et de la fertilité (principalement).

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Renards symbolisant la divinité Inari à l’entrée du Fushimi Inari taisha (ça joue à Pokemon GO là…)

Lorsque je suis arrivé aux alentours de 18h30 (le festival commençait à 18h), le sanctuaire était déjà noir de monde. Sacré contraste avec ma première visite en journée quelques jours auparavant!

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Torii géant marquant l’entrée du sanctuaire

Lors du festival Motomiya, le sanctuaire est décoré de milliers de lanternes rouges qui brillent dans la nuit. Il y a également de la musique et des danses traditionnelles.

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 Mais c’est surtout à l’entrée des milliers de torii (portails japonais traditionnels de couleur rouge), qui font la réputation du sanctuaire, que les choses se gâtent… Des milliers de personnes sont agglutinées à l’entrée, donnant lieu à des mouvements de foules : gens qui hurlent, qui font des selfies en poussant tout le monde, joueurs de Pokemon GO en furie… tout ce beau monde commence à se piétiner dans la joie et la bonne humeur. Finalement, après une petite demi heure d’attente, la circulation se fait plus fluide et je parviens à l’entrée de la longue allée de torii.

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Au final, même s’il y avait énormément de monde, je ne regrette pas d’avoir pu assister à ce festival et d’avoir eu l’occasion de découvrir le sanctuaire sous un autre angle. Je recommande si vous êtes dans le coin fin juillet (attention les dates changent chaque année apparemment), évidemment l’entrée est gratuite.

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KYOTO – Gion Matsuri : Goshuin, attrapez-les tous !

Au Japon, chaque sanctuaire/temple (ou presque) dispose d’un sceau appelé Goshuin (御朱印). Même si à une certaine époque, seuls les croyants et personnes âgées pouvaient recevoir ces sceaux qui représentent quelque chose d’honorifique, aujourd’hui n’importe qui peut les obtenir en visitant les sanctuaires, et beaucoup de personnes de tous âges et de toutes origines se mettent à collectionner ces tampons. On a limite à faire à de véritables otaku collectionneurs de Goshuin.

En plus d’un tampon, le Goshuin contient en général une calligraphie exécutée par un membre du personnel du sanctuaire, correspondant au nom du sanctuaire ainsi qu’au jour de la visite.

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Goshuin du char Shijocyo Ofune Hoko (gauche) et du char Jomyo Yama (droite) lors du Gion Matsuri, Kyoto

 

Le livre qui contient les Goshuin s’appelle un Goshuin-chô(御朱印帳), et peut s’acheter en librairie pour un peu plus de 1,000 yen.

Une fois mon Goshuin-chô en poche, je suis donc parti à la recherche des chars et des tampons dans Kyoto. Le livre contient une petite carte avec la localisation des 33 chars. Pratique ! Attention cependant, il faut parfois venir à certaines heures précises pour obtenir le tampon.

Sauf pour les tampons nécessitant une calligraphie, on peut faire le tampon soi-même, les encriers étant mis à disposition non loin des chars. Il convient de faire une donation, parfois le prix est même carrément indiqué (300 yen maximum pour ce que j’ai vu). Je n’ai jamais eu à faire la queue plus de 10mn, mais c’était en semaine, à voir donc pendant les weekends et jours fériés…

En plus de mon Goshuin-chô, je disposais d’un dépliant que l’on m’a gentiment donné devant un des chars contenant des espaces pour mettre les 10 sceaux de certains chars « principaux ». Je ne voyais pas bien l’intérêt au début vu que mon Goshuin-chô était bien plus classe, mais j’ai compris plus tard que le fait d’obtenir ces 10 sceaux me ferait gagner un souvenir si je ramenais le dépliant complété. Mission accomplie au bout de quelques heures.

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Mission complete !

 

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Mon Goshuin-chô édition Gion Matsuri

 

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En cadeau quand on obtient les 10 sceaux : un tissu avec les sceaux des 10 chars

Je n’ai obtenu pour l’instant qu’une quinzaine de sceaux sur la journée, donc environ la moitié.

En bonus : petite vidéo montrant le char Shijocyo Ofune Hoko en mouvement

   

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KYOTO – Gion Matsuri, Yasaka-jinja … et « soirée de la loose »

17 juillet 2016, nous sommes en plein Gion Matsuri à Kyoto. J’erre seul dans les rues animées et bondées de japonais et d’étrangers venus profiter de l’ambiance si particulière de ce festival qui est considéré comme l’un des 3 principaux du Japon. Je me perds dans les rues, ce qui ne me déplaît pas du tout, bien au contraire : j’observe les gens, surtout les femmes apprêtées de leurs superbes Yukatas, et les animations dans les rues. L’ambiance est très agréable et étonnamment calme vu la foule énorme qui déambule.

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Attente devant le 7/11 en mode yukata

 

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Un char à l’occasion du matsuri

 

Je finis par hasard par tomber sur le sanctuaire de Yasaka-jinja au bout de la Shijo-dôri. Il s’agit d’un sanctuaire dédié à Susanô, dieu des océans. Je ne le savais pas encore, mais ce sanctuaire est en fait à l’origine même du Gion Matsuri. De nombreux stands de nourritures longent les allées vers le sanctuaire, où de nombreux japonais viennent prier surtout en cette période de festival.

Voici une petite vidéo qui résume très brièvement l’ambiance ce soir là.

Après un tour dans le sanctuaire, c’était le début de soirée, je me suis dit que j’allais continuer à me balader un peu dans les rues jusqu’à trouver un bar sympa pour tenter de discuter avec des gens. Je finis encore par me perdre dans des rues limite désertes, pendant près de 2 heures, avant de retomber sur les boîtes et les bars de la Shijô Dori. Il est à peine 21 heures, et je croise déjà des jeunes éméchés qui tiennent à peine debout, qui finissent même parfois par tomber et qui tentent de se relever avec l’aide de leurs amis, le tout au milieu de la foule toujours aussi dense dans le quartier. Je croise également beaucoup de jeunes qui attendent d’entrer en boîte. Tout cela commence à me donner envie de faire la fête et de m’amuser avec eux. Mais d’abord, j’ai envie de boire un verre dans un petit bar histoire de commencer la soirée. ça tombe bien, je retombe sur un bar Okinawaïen que j’avais repéré la veille avec un ami. Je me suis dit qu’un petit verre d’Awamori raviverait des souvenirs de mon séjour sur les îles du sud. De l’extérieur on peut voir que les gens rient et discutent entre eux, l’ambiance a l’air sympa, je m’approche pour entrer. Un employé du bar était à l’entrée. Je lui dis bonjour et lui demande si je peux entrer. Moment d’hésitation, je peux déjà lire la gêne dans son regard :

« Euh…une seule personne ? »

« Oui, je suis tout seul »

« Ah … euh… vraiment désolé, ça va pas être possible, vraiment désolé ! »

Étonné, je n’insiste pas, le salue et continue ma route. Sur le coup, je me dis que le fait que je sois seul aurait fait que j’aurais pris une table pour moi tout seul et que j’aurais rapporté moins de sous pour eux niveau consommation. Hypothèse écartée le lendemain par mon ami qui me fait justement remarquer qu’ils auraient très bien pu me placer au comptoir comme cela se fait beaucoup dans ces petits bars. Deux autres hypothèses donc  : soit l’employé s’est dit que étant seul, j’étais forcément venu pour draguer la gente féminine du bar en mode gros relou, soit le fait qu’admettre un étranger seul dans le bar puisse gêner d’une certaine manière la clientèle nippone et fasse « chuter » la réputation du bar. Je n’aurai jamais la réponse. En tout cas c’est bien dommage, surtout pour un bar affichant un gros « Mensore », ce qui signifie « Bienvenue » en okinawaïen. On est bien loin de l’esprit « Okinawa » que j’avais pu expérimenté lors de mon séjour dans l’archipel.

C’est la 2ème fois que j’essuie un refus en tant que client. La première fois c’était sur l’île de Hateruma à Okinawa lorsque j’ai voulu louer un scooter en expliquant que mon permis était en règle, avec la traduction japonaise officielle. Mais rien à faire, j’avais essuyé le même « Désolé, mais ce n’est pas possible » toujours accompagné du même sourire et des mêmes courbettes. Si la situation venait à se reproduire, je demanderai des explications, même si mon niveau de japonais est pour l’instant assez restreint.

Totalement blasé, me sentant complètement rejeté, je n’ai qu’une envie : rentrer et me coucher. Soirée dite « de la loose », et ce ne sera pas la dernière. Mais demain est un autre jour. Et puis le tour au Yasaka-jinja était vraiment agréable, je n’ai donc pas tout perdu dans cette soirée.

 

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Se faire des contacts au Japon

 

Vous avez décidé, par exemple, de partir au Japon tout(e) seul(e) pour la première fois, et il se trouve que vous n’avez aucun contact là bas… Pas de panique !

Il se trouve que les japonais sont très curieux de rencontrer des étrangers et d’échanger avec eux, surtout si vous êtes seul(e). Que ce soit dans des bars, en me baladant dans Tokyo ou en boîte de nuit, j’ai régulièrement été abordé par des japonais curieux de savoir d’où je venais,  ce que j’étais venu faire au Japon, et ce que je pensais des gens et du pays. Mais sachez aussi qu’il y a des moyens très pratiques et très simple d’utilisation pour se faire des contacts au Japon avant même d’y mettre les pieds. Je vais vous présenter rapidement 2 outils que j’ai utilisé permettant de faire cela : le premier, J@pan Penfriend, qui est en fait une sous-section du forum du site Japan Guide, est une sorte de partage de petites annonces et vous permettra d’entrer en contact avec des japonais sur place. Le second, qui est directement lié, est l’application Line (mobile et PC) qui vous permettra de garder facilement contact avec les personnes rencontrées.

J@pan Penfriend : Des petites annonces pour faire connaissance

Une de mes principales craintes avant d’arriver Japon était de savoir si j’allais pouvoir facilement faire des rencontres ou si j’allais me retrouver tout seul à errer dans le Japon pendant mes 3 semaines de voyages. J’ai donc fait quelques recherches sur internet, et je suis tombé sur le forum du site Japan-Guide.com. Ce site que vous connaissez peut-être fournit de nombreuses informations sur les lieux à visiter au Japon ainsi que diverses actualités très intéressantes. Petite précision, le site est en anglais (ou aussi chinois ou coréen). Mais intéressons nous plus en détail à une section du forum de ce site : J@pan Penfriend. Pour y accéder depuis la page d’accueil du site, il suffit de passer la souris sur « Forum » en haut à droite et de cliquer sur le menu « @ Friends ».

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On a alors le choix entre 2 possibilités : FriendsInJapan, qui est un site de rencontre japonais, et celui qui va nous intéresser ici : J@pan Penfriend

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On arrive alors sur une page de recherche de petites annonces, sur laquelle il est possible de filtrer les résultats selon différents critères sur les personnes que l’on recherche : nationalité (il n’y a pas que le Japon), sexe, âge, langues parlées, centres d’intérêt etc …

 

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Il est également possible de créer soit même une annonce en quelques minutes en cliquant sur le lien « Post a new ad » dans le menu du haut. C’est un moyen de se faire connaître pour que les autres personnes puissent vous contacter. Grâce à ce système, j’ai pu me faire quelques contacts que j’ai rencontré une fois arrivé au Japon, et avec qui j’ai gardé contact même plusieurs années après mon retour en France. Pour cela, j’ai utilisé Facebook, mais surtout l’application Line dont je vais parler à présent.

Garder contact avec Line

Avant même d’arriver au Japon, j’avais téléchargé l’application Line sur mon smartphone grâce à une amie en France qui l’utilisait beaucoup pour discuter avec ses amis espagnols car l’application est très utilisée là bas apparemment. Il s’agit, en gros, d’une application de type « WhatsApp » qui permet donc de chatter ou d’appeler ses contacts gratuitement par internet. Il faut savoir que cette application d’origine Japonaise est tout simplement colossale en terme de nombre d’utilisateurs (560 millions en 2014) et de chiffre d’affaire (70 fois celui de WhatsApp en 2014). Pas étonnant au final puisqu’elle est utilisée dans toute l’Asie, ce que je ne savais pas du tout au moment de l’installer. Ce fut donc un heureux hasard que de l’avoir en poche avant mon départ pour le Japon. C’est une véritable institution là bas, à savoir par exemple que des boutiques Line existent, dans lesquelles il est possible d’acheter des peluches ou autres goodies tous plus kawaii les uns que les autres à l’effigie des Line Friends, ces petits personnages que l’on retrouve sur les stickers (emoticons) que l’on peut acheter via l’application moyennant quelques centimes d’euros. On retrouve des produits dérivés Line un peu partout au Japon, c’est d’ailleurs une grosse partie des revenus de la société qui a créé l’application.

Quasiment tous les japonais que j’ai pu rencontrer l’utilisaient très activement, ce qui n’était pas le cas avec Facebook par exemple. C’était parfois comme un reflex : J’ai parlé 5 minutes avec certaines personnes qui m’ont directement rajouté sur Line via leur téléphone. Autant dire que cette application est quasiment indispensable au Japon pour se faire des contacts. En plus elle est gratuite, et disponible sur tous les types de plateforme (Android, iOs, Windows …), alors pourquoi s’en priver !

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